Defago enlève l'or olympique 16/02/2010,15:47

Un an après avoir réalisé un impressionnant doublé en enlevant les prestigieuses descentes Coupe du Monde de Wengen et de Kitzbühel, Didier Défago réalisait un nouvel exploit en triomphant dans l'épreuve olympique de Vancouver où il s'imposait devant le Norvégien Aksel Lund Svindal et l'Américain Bode Miller, champion du monde de la spécialité en 2007 et 2005. Defago, qui n'a jamais réussi à atteindre le podium dans une épreuve à médailles au cours de sa carrière, réalisait ainsi son vœu le plus cher 22 ans après son compatriote valaisan Pirmin Zurbriggen, couronné lors des Jeux de Calgary en février 1988.

"Après toutes ces tentatives sans succès, je tenais à repartir d'ici avec une médaille. C'est une grande satisfaction, une consécration par rapport au travail effectué. J'ai toujours cru que j'étais capable de ramener une médaille d'un événement majeur. En deux participations aux Jeux Olympiques et cinq aux Championnats du monde, je n'y étais pas encore parvenu. Cela me manquait. Mon objectif était de rentrer avec une médaille. Il est atteint. Pour autant, je vais quand même chercher à gagner dans les prochaines épreuves."

Il est intéressant de noter que le vétéran de Morgins, deux fois 2ème cette saison y compris après la sélective course de Bormio, a du se qualifier pour l'épreuve olympique lors des premières séances d'entraînement. Après coup, il estime que cela a peut-être même pu l'aider a bien préparer son exploit. "J'ai en mode course depuis le début, cela m'a amené à être très concentré depuis le premier jour" explique-t-il. "J'ai ensuite bien pu récupérer, aussi sur le plan émotionnel, grâce aux deux jours de pause. J'étais vraiment prêt à frapper un grand coup aujourd'hui. Cette piste me plaisait depuis le début avec ses nombreuses difficultés techniques."
"Je n'ai pas commis de grosse erreur aujourd'hui. Ma ligne était bonne et mon ski également. Mon matériel était efficace. La piste avait changé par rapport aux entraînements. Elle s'était durcie. Ca bougeait énormément, surtout dans la partie entre le départ du Super-G et celui du géant où c'était extrêmement bosselé. J'ai produit un bon ski sur ce tronçon."

"On va maintenant dire que je suis la surprise. A l'instar de Bode, j'étais là tout au long de la saison sans être tout devant. Quant à Aksel, c'est un Norvégien, donc il devait de toute façon être sur le podium. Actuellement en alpin, il y a 15-20 personnes qui sont capables de jouer l'estrade. Aujourd'hui, les 10 premiers se retrouvent en six dixièmes, c'est dire ! J'ai déjà vécu d'intenses moments en compétition, que ce soit en juniors ou en Coupe du monde à Wengen ou à Kitzbühel. Chaque skieur rêve d'épingler ces courses mythiques à son palmarès. Et puis ma première victoire à Val Gardena m'a aussi laissé un souvenir particulier. Sur le plan privé, j'ai vécu d'autres émotions, d'autres expériences fantastiques, à commencer par les naissances de mes deux enfants."

Didier Defago n'était pas peu fier d'être le premier Suisse depuis le légendaire Pirmin Zurbriggen à décrocher un titre olympique en descente. "Les années où Pirmin gagnait tout, il était notre exemple, on voulait lui ressembler. Mon palmarès n'est pas le même que le sien, mais le fait de pouvoir décrocher aussi la médaille, de surcroît l'or, me fait vraiment très plaisir. On ne va pas en rêver, mais je serai prêt au départ du Super-G. Mes Jeux sont déjà réussis : je voulais une médaille, je l'ai. Je sais que tout est plus facile lorsqu'on l'a déjà. Tout ce qui viendra ensuite n'est que du bonus. Ca ne veut pas dire que je ne vais préparer les prochaines courses moins bien. Je vais essayer de garder ce bon feeling." Patrick LANG Photo © SWISS SKI

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